Ce tendre sentiment, dans mon âme il habite;
Et je le cache à tous les yeux
Si ce n'est quand mon coeur à ton regard palpite
Puis revient silencieux
Un invisible feu, flamme éternelle et sombre
Là, brule lentement comme dans un tombeau
En vain le désespoir le couvre de son ombre;
Toujours il resplendit, inutile flambeau!
Pense à moi, lorqu'auprès de ma tombe récente
Tu viendras à passer; pense alors, pense à moi!
Il n'est plus qu'un malheur dont mon coeur s'épouvante:
C'est que mon souvenir ne plane plus sur toi
Pour la dernière fois ma voix résonne encore;
On peut donner des pleurs à qui dort sans retour;
Une larme de toi, c'est tout ce que j'implore:
Seul prix, hélas! de tant d'amour!